Salaire minimum

vendredi 18 avril 2014
par  Michel Pomatto

Ce que veut l’initiative populaire pour la protection de salaires équitables

En Suisse, seule la moitié des salarié(e)s est protégée par un salaire minimum. En effet, trop peu de conventions collectives de travail (CCT) prévoient, en matière de rémunération, des seuils minimums contraignants ; cela, surtout parce que beaucoup d’employeurs ne veulent pas conclure de telles CCT. C’est la raison pour laquelle les syndicats ont lancé et fait aboutir leur initiative populaire sur les salaires minimums.

Cette initiative demande que la Confédération et les cantons soient tenus de s’engager pour favoriser la fixation de salaires minimums dans des CCT. L’initiative demande, à titre de garantie minimale, l’introduction pour tout le monde d’un salaire minimum de 22 francs de l’heure. Cela correspond aujourd’hui, pour 12 salaires mensuels, à environ 4 000 francs par mois, soit 61 % du salaire médian (salaire moyen) de tous les travailleurs et travailleuses des secteurs privé et public (économie privée, Confédération, cantons et communes) en Suisse (2010). Ce salaire minimum devra être régulièrement indexé sur l’évolution des salaires et des prix, comme cela se fait avec les rentes AVS. Les personnes dont les rapports de travail sont particuliers, comme les apprenti(e)s ou celles et ceux qui suivent d’autres formations, par exemple en tant que stagiaires, ne seront pas concernées. Enfin, il incombera au Parlement de définir exactement ce que sera le salaire horaire minimum.

Environ 330’000 personnes profiteraient en Suisse du salaire minimum légal de 22 francs de l’heure, c’est-à-dire presque 9 % des salarié(e)s. Il s’agit en premier lieu de professionnel(le)s chevronnés. Les trois quarts sont âgés de 25 ans ou plus et ont donc terminé leur formation depuis longtemps. Seul un petit tiers est constitué de jeunes ou des jeunes adultes. Ainsi, le problème des bas salaires en Suisse ne concerne pas d’abord les jeunes qui arrivent sur le marché de travail, mais principalement les femmes.


Un travail de valeur est un travail dont on peut vivre !

En exigeant un salaire minimum à CHF 4’000 pour un temps plein, l’nitiative se bat pour que chaque personne puisse vivre dignement de son travail. Il est inacceptable que, dans un pays prospère comme le nôtre, des personnes exerçant une profession soient dans la pauvreté.


Le salaire minimum profitera à l’emploi et diminuera le coût des prestations sociales

Des salaires plus élevés n’entraînent pas d’augmentation du chômage, au contraire. La Suisse connaît d’ores et déjà de nombreux salaires minimums de branche. Comme le montre l’exemple de la construction, l’augmentation continuelle du salaire minimum durant la dernière décennie a été accompagnée par une augmentation importante des postes de travail. L’introduction d’un salaire minimum en Suisse ne
coûterait par ailleurs que 0,4 % de la masse salariale. Une augmentation des salaires à concurrence de CHF 4’000 permet d’encaisser près de 300 millions de francs supplémentaires en prestations AVS, AC, AI, etc. Aussi, un salaire correct permettra à bon nombre de personnes de sortir de l’aide sociale. Les économies avoisineront les 100 millions de francs.

En mettant les travailleurs et les travailleuses en concurrence les uns contre les autres, les salaires sont soumis à une pression à la baisse de plus en plus forte. Les nombreux cas de dumping dénoncés par les syndicats récemment le démontrent, bien que les profits soient en hausse. L’instauration d’un salaire minimum réduira le dumping salarial et protègera les salaires de toutes et tous en empêchant la sous-enchère salariales.


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Le 18 mai 2014

Pour la protection de salaires équitables,

votons OUI à l’initiative sur les salaires minimums !



Pour en savoir plus, consulter le site www.salaires-minimums.ch et télécharger le flyer de la Communauté genevoise d’action syndicale




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